Gérer sa vie comme le professeur Mortimer

©Blake&Mortimer

Blake et Mortimer… une série qui fleure bon les années 50.

En 1946, Edgar Pierre Jacobs créa une oeuvre d’une étonnante modernité. Depuis 1996, ses successeurs ont su préserver ce charme devenu désuet, qui en fait une partie du sel.

Philip Mortimer est un homme de son temps, bien ancré dans cette époque où l’on pouvait avoir connu deux conflits mondiaux et quelques guerres coloniales.
Habitué aux privations, cet érudit à la personnalité bien trempée a appris à s’adapter et garder son flegme en toutes circonstances.

Au delà d’un style, Mortimer représente une façon de construire son expérience à travers ses rapports sociaux. L’ensemble de son comportement reste régi par un certain nombre de règles qui construisent le personnage.

Nul doute que le choix du vocabulaire possède une importance capitale. L’emploi des mots définissent l’ attitude et l’état d’esprit si importants à notre qualité de vie.

Si vous considérez que cette époque survoltée n’est pas la vôtre, si la frénésie ambiante vous met mal à l’aise, pas d’inquiétude. La rubrique « Baratins » des Cahiers Capricornes peut (une fois de plus) vous sortir de ce mauvais pas !

Je vous propose donc de relever la tête, rentrer le ventre, et adopter ces quelques règles qui feront de vous l’homme nouveau auquel vous aspirez:

  1. À « Merde » ou « Putain« , on préfèrera « Diable! ». Évitez au passage les « diantre », « fichtre », et autres « bigre », bien trop caricaturaux.
  2. En cas de difficulté, plutôt que de débiter un torrent de grossièretés, il vous suffira de lever un sourcil et prononcer un « Diable, voilà qui est fâcheux ! »Cela vous laissera l’opportunité d’un recul bien salutaire face à l’épreuve.
  3. S’il vous arrive de vous tromper ou vous casser la figure, n’hésitez plus à dire « Et bien me voilà propre ! ». Ce sera toujours plus pittoresque que vos jurons habituels.
  4. Un collègue vous ennuie ? À la place de « sale con », décrivez le comme plutôt comme « un rude coquin ».
  5. En cas de grève de transport,  faites contre mauvaise fortune bon coeur. Dites vous « qu’un peu d’exercice vous fera le plus grand bien ». Optez donc pour la marche à pied, formidable stimulant physique et intellectuel.
  6. Passionnez vous pour divers sujets, et soyez exigeant quant aux sources d’information. Fréquentez les bibliothèques et privilégiez les publications scientifiques issues de spécialistes, avec lesquels vous nourrirez une correspondance soutenue.
  7. Sachez ainsi vous entourer de personnalités (professeurs, chercheurs ou auteurs) dont vous jugez les travaux « tout à fait remarquables ». Choisissez de les rencontrer autour d’un dîner ou d’un verre pris dans le confort ce « club de gentlemen » que vous ne manquerez pas de fréquenter. Nul doute que leur précieuse amitié nourrira votre propre discipline – dans laquelle bien sûr, vous excellez.
  8. Commencez ou ponctuez vos phrases par des « Mon cher » qui valoriseront vos interlocuteurs les plus estimables.
  9. Enfin travaillez encore et toujours, afin de devenir vous même un estimable interlocuteur dont on recherchera la compagnie.

Pour finir, l’usage du collier de barbe et la pipe reste facultatif.

À ce rythme, nul doute que vous ne stimuliez vos qualités intellectuelles, redéfinissiez votre place dans la société et perdiez quelques kilos.

« De rien. » répondirent en coeur les joyeux Cahiers Capricornes.

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