Quatre figures de style

Un mot pour chaque chose et chaque chose à sa place. La langue française fourmille de figures de style qui en font toute la richesse. 
Si antanaclase, oxymore, métonymie, ou zeugma vous évoquent les noms de lointaines galaxies, pas d’affolement. Voici quelques rappels de définitions qui contribueront, nous en sommes sûrs, à renforcer votre prestige social.

Antanaclase – figure de style consistant à utiliser dans la même phrase, deux mots identiques dont le sens sera perçu différemment. 

Exemple: « Le coeur a ses raisons que la raison ignore » (Pascal)

Oxymore – consiste à allier deux mots au sens contradictoire.

Exemple: « Le clair obscur » –  « une douce violence » – « un sourire triste »

Métonymie – quand on définit le contenu par le contenant ou la partie pour le tout.

Exemple: « boire un verre » ou « la petite voile s’éloignait de la plage »

Zeugma – comparable à une factorisation mathématique, ce raccourci permet de sous entendre un mot dans la suite d’une phrase après l’avoir exprimé une première fois.
Il faut distinguer le zeugma simple, quand le mot sous entendu est le même que le mot exprimé, et le zeugma composé lorsque celui ci diffère :

Exemple simple : « Le ciel était sombre et le champ désert » (était est ici sous entendu)

Exemple composé: « Il posa son chapeau et un timbre » (colla est sous entendu)

À l’oral comme à l’écrit, le zeugma permet de surprendre l’auditoire en donnant souvent une fausse naïveté aux propositions. 

« Napoléon prit un peu de ventre et beaucoup de pays » – (Prévert)

1830 et ses quatre rois

L’Histoire nous apprend que les deux derniers rois que la France connut furent Charles X, puis Louis Philippe 1er. Le premier fut chassé par une révolution populaire, qui propulsa le second sur le trône.
Or, l’affaire recèle quelques subtilités.

Retour en 1830
– Charles X, second frère de Louis XVI règne sur la France. Ce grand nostalgique de l’ancien régime composait de mauvaise grâce avec les acquis des périodes révolutionnaires et bonapartistes. Le pays avait évolué, et le règne de ce roi old school fut entre autre marqué par une opposition parlementaire croissante.

En juillet, la situation devint intolérable à ses yeux. Poussé par une clique de ministres acquis à sa cause, Charles X signa une série d’ordonnances destinées à asseoir son pouvoir.
Celles ci limitaient entre autre la liberté de la presse, dissolvaient l’assemblée fraîchement élue, et modifiaient les modes de scrutin afin d’écarter de cette même assemblée toute bourgeoisie acquise à une cause libérale honnie.

Publiées le 26 juillet par le « Moniteur », journal d’Adolphe Tiers, ces ordonnances conduisirent au soulèvement du peuple parisien. Ce sont les fameuses « trois glorieuses » des 27, 28 et 29 juillet 1830 que célèbrent la colonne de la Bastille.

La Cour mit un peu de temps à réaliser l’ampleur du phénomène. Depuis son château de Saint Cloud, Charles X restait partagé entre le fantasme d’une monarchie toute puissante, et une peur viscérale de la « charrette » dans laquelle le peuple avait poussé son frère Louis XVI.
Cette angoisse poussa la famille royale à se replier à Rambouillet avant de choisir le chemin de l’exil.
Durant sa fuite, le vieux Roi cherchait des solutions. Il décida d’abdiquer en faveur de son petit fils Henri, Duc de Bordeaux, alors âgé de dix ans. Charles X imaginait apaiser les esprits et sauver la monarchie en confiant l’enfant jusqu’à sa majorité à la régence de son cousin Louis Philippe d’Orléans.

Hors le jeune Henri ne venait pas en priorité dans l’ordre de succession. Les règles étaient claires. Le père de l’enfant étant décédé, l’acte d’abdication devait nommer en premier lieu Louis duc d’Angoulême, le fils cadet du Roi comme héritier direct. Pour Charles X, cette issue était inenvisageable. Les nombreux troubles dont souffrait Angoulême, le rendaient inapte à assumer cette charge. Seul son renoncement rendait possible la nomination du jeune Henri.
Quand on présenta au Duc d’Angoulême l’acte d’abdication de Charles X, il fut sommé de contresigner pour laisser sa place à son neveu. Mais Louis ne l’entendait pas de cette oreille. Il piqua une crise terrible, car il voulait à tout prix profiter d’au moins 24 heures de règne. Il fallut toute l’autorité de Charles X pour le contraindre à s’exécuter sans délais.

C’est ainsi que Louis XIX régna environ 20 minutes.

Quand au jeune Henri, le cousin Louis Philippe d’Orléans n’en fit pas grand cas. Poussé par une assemblée libérale qui voyait en lui une espèce de compromis républico-monarchiste qui satisferait tous les camps, il se fit élire « Roi des français »Ainsi le jeune Duc de Bordeaux, potentiel Henri V ne connut jamais le destin qui aurait du être le sien.

Louis XIX et Henri V

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Louis Philippe sera chassé à son tour en 1848. Suivra une éphémère seconde République puis la restauration du régime impérial par Napoléon III.
En 1870, la chute de ce dernier conduira à l’avènement de la troisième République. Toutefois les partisans de la monarchie restaient encore nombreux. Il fut donc question d’une restauration d’Henri V vers 1873.
Il se trouve que l’homme, désormais âgé de 53 ans, partageait les mêmes principes que son grand père. Malgré un programme politique très étudié, son acharnement à revenir au drapeau blanc lui fera perdre le suffrage de la majorité des députés.

NB

Ceux que cette histoire intéresse se réjouiront de la lecture de « L’été des quatre rois » le livre de Camille Pascal actuellement en librairie.

Ces inventions auxquelles nous avons échappé #1

Nouvelle rubrique « inventions » inaugurées aujourd’hui par une première série de prototypes farfelus tombés dans les oubliettes de l’histoire.

Le baladeur à vinyles

Sans conteste ma préférée, cette invention date du temps où la musique à emporter commençait sa conquête des coeurs et des marchés. Quand Sony lance son « walkman » en 1981, la concurrence s’active. Voilà donc le résultat…
Audiotechnica sortira un AT-770. D’autres suivront avec un enthousiasme éphémère. Une seule idée m’effleure: combien de validations internes ont été nécessaires à ces sociétés pour mettre cette chose sur le marché ? J’aurais aimé le tester pendant un jogging.

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Lucky commercials

Ah comme me semble loin le temps où les médecins savaient encore ce qu’ils faisaient en recommandant de fumer des « Camels ». 

 

Plaisir de lire, désir de plaisir

Une partie de notre jeune génération, gavée d’images, tend à considérer la lecture comme un loisir révolu, voir carrément élitiste.

Cette considération peut paraître absurde, mais reste compréhensible. Chez l’enfant, l’image de la littérature reste souvent attachée aux contraintes scolaires. Son côté obligatoire dégoûte plus qu’il ne stimule. Soumise depuis plusieurs années à une rude concurrence sur le marché des loisirs, elle a perdu son côté universel pour devenir le privilège de quelques uns.

Au cours de mes années collège, les manuels de français mis à la disposition des élèves me paraissaient avoir vécu un siècle. Génération après génération, ces bouquins avaient fini par capter l’odeur vieillotte des salles de classes.

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Paris 19 et 20

Suite de la série Paris en noir et blanc, cette fois exclusivement consacrée aux 19e et 20e arrondissement.
La boucle est donc bouclée.

 

 

Devenez un heureux personnage

La société dans laquelle nous vivons regorge de pièges à bonheur. Pertes de repères, insécurité professionnelle, solitude, culte du paraître – jamais notre équilibre personnel n’a été mis à si rude épreuve.
Rendons lui la place qu’il mérite !
Voici dans le désordre, quelques recettes de tranquilité développées au fil du temps, qui je l’espère, pourront filer un coup de pouce à certains.

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